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  • Martial Sourrouille

COLLISION : La mobilité des arts, ca veut dire quoi ?

EDITO pour le projet Méga.Média




Pour nous, pour Mo(o)n Label une thématique de saison reflète un grand nombre de réalités. Elle doit prendre en compte dans sa concrétisation le fond, la forme, les nuances, les abstractions et sous-entendus possibles. La richesse d'une thématique de saison réside dans le champ des possibles qu'elle ouvre. Avec la thématique « Voyageurs Etrangers » nous pouvons aborder des questions de sociétés, parler de migrations celles d'aujourd'hui et celles d'hier. Nous pouvons parler du mouvement, celui des gens et des corps, on peut parler du statut d'artiste et du principe de tournée. On peut parler d'altérité, de l'autre, mais au-delà de l'humain on peut se poser la question de la mobilité des choses et notamment celle de l'art. Nous y voilà donc à cette thématique non pas celle de la saison mais celle de L'édito. Et là encore en posant la question "la mobilité des arts ça veut dire quoi ?" nous avons confirmé que cette formule renferme elle aussi plusieurs réalités.

Spontanément certaines personnes nous ont parlé de tournées artistiques qu’elles soient locales, régionales, nationales ou internationales et plus largement d'art itinérant, d'autres du transfert des œuvres d'un musée à un autre. En parlant avec une professeure de lettre elle nous a confié que ça la renvoyait au métissage des disciplines, des traditions et pratiques artistiques au fil des migrations. Nous pouvons raccrocher cela à la mobilité des répertoires et à la possibilité d’adapter une œuvre en usant des codes d’un répertoire qui n’est le sien. Afin de rappeler que tout est lié, la migrations de personnes arrivants des pays décolonisé, le processus de métissage évoqué juste avant, tout cela à été porteur de d’inspiration pour l’émergence des cultures dites urbaines qui par essence vont s’emparer de l’espace public mettant ainsi en application une autre facette de la mobilité des arts.

Au-delà du spectacle vivant et des ouvres picturales, une des applications les plus rependues et connues de la mobilité des arts et la boite ou cabane à livres. Reprenant le principe selon lequel l’art et la connaissance peuvent circuler librement de personnes en personnes, ces refuges à livres constituent une démarche plus engagée qu’un simple prêt qui pourtant lui aussi contribue à cette mobilité. Le procédé n’impliquant pas de retour nécessaire des ouvrages à leur propriétaire remet en question l’idée de pouvoir posséder la culture ou tout du moins l’enveloppe dans laquelle elle est véhiculée.

Mais parmi ces réponses nous avons plusieurs fois eu des retours correspondant à un des aspects de la mobilité des arts qui selon notre définition est un des plus importants car dans un sens il synthétise les autres.

Cette idée, dans la saison culturelle de Mo(o)n Label se concrétise grâce un cycle intitulé Cycle (collision). Au travers de ce principe de collision se traduit l'effort permanent et nécessaire que doivent fournir l'art et celles et ceux qui le soutiennent de se tourner vers le spectateur.

Le cycle collision défend l'idée que l'art doit être accessible mobile et ouvert. À cette volonté d'accessibilité aux arts s'ajoute le constat qu'il est de plus en plus difficile de faire venir du public dans les lieux de culture "conventionnés". De cette volonté et de ce constat née l'idée de collision. L’ambition est alors de faire de tout lieu un lieu de culture "potentiel" d'amener l’art au spectateur et non l’inverse. A terme de telles initiatives pourront peut-être contribuer à inverser la tendance et encourager le public à se tourner de nouveaux vers les lieux de culture traditionnels tout en conservant des espaces d’expressions « hors cadre ».


En France il existe une grande dame qui dès 1964 à perçu cette réalité et a fondé une institution toujours en activité aujourd’hui. Ariane Mnouchkine et son théâtre du soleil, logé a l’ancienne cartoucherie de Vincennes agissent depuis des années pour défendre la culture, en marge, mais belle est bien présente.

Il est important de comprendre que quel que soit les mots que l’on décide d’employer, la volonté de collision ou le refus de l’effet de seuil (sacralisation de l’espace de culture ou une partie du public ne pense pas trouver sa place) est un engagement, voire une protestation et assurément une opposition à un modèle.

A la naissance du Théâtre du Soleil ce modèle est en premier lieu le théâtre institutionnel et bourgeois, mais les fondateurs s’opposent également a une tendance poussée par l’état, la Décentralisation théâtrale. Le principe porté par Jean Vilar entre autres pourrait pourtant sembler intéressant mais il est considéré comme insuffisant. « On avait la chance d’être de gauche mais pas encartés ni sectaires. On contestait Jean Vilar mais pas sottement. […] Notre contestation était formelle, il fallait faire mieux. Faire quelque chose de très beau de très exigeant et d’accessible. Le théâtre populaire ne devait pas être comme la soupe du même nom » (propos recueillis par Nathaniel Herzberg à l’occasion d’un entretien avec Ariane Mnouchkine pour Le Monde du 1er/2 décembre 2019.)

Son idée peut se synthétiser dans cette citation de Antoine Vitez : « le théâtre élitaire pour tous »

Les définition et applications sont nombreuses mais elles se tournent systématiquement d’une manière ou d’une autre vers la question du droit fondamental à la culture et celle de l’accessibilité. Le Cycle (Collision) est la modeste réponse de Mo(o)n Label à cette problématique ancienne et capitale, actuelles parfois prise à la légère.

(Sources :

Vers la démocratie culturelle / Marie-Claire Martel

entretien avec Ariane Mnouchkine pour Le Monde du 1er/2 décembre 2019)

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Martial Sourrouille

Projets culturels

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